INTERVIEW - L’héroïne de Dr Quinn, femme médecin, qui présente le 16 juin la cérémonie de clôture du Festival de télévision de Monte-Carlo, est attendue dans une nouvelle série.

Jane Seymour, quelles sont les raisons de votre présence à Monaco? J’ai été invitée pour animer la soirée de clôture avec la remise des prix, en français et en anglais. Il y a deux ans, je faisais partie du jury et les organisateurs ont découvert, au cours d’un dîner avec SAS le prince Albert II, que je parlais un peu le français. Je me suis dit OK, c’est un challenge!

Je profite aussi de cette occasion pour faire la promotion d’une série anglaise Hooten & the Lady, qui va être diffusée en septembre sur Sky télévision. Elle mêle comédie et aventure. Je joue lady Lindo-Parker, la mère de la lady du titre. Ma fille, supposée travailler tranquillement au British Museum, part faire des recherches archéologiques avec un gars un peu fou, chasseur de trésors. La série se déroule en Afrique du Sud, à Rome, à Londres… Il y a 8 épisodes, chacun d’entre eux est complètement différent. C’est vraiment fun!

On voit désormais de nombreuses femmes de pouvoir dans les séries. Vous étiez pionnière en la matière dans Dr Quinn, femme médecin? En effet, et j’en étais très consciente. Les gens étaient d’ailleurs persuadés que ça ne marcherait pas: une femme dans le rôle principal, des valeurs familiales, un western, quelque chose à voir avec la médecine, oubliez! Et, comme nous le savons désormais, cela a été un immense succès. Le show est encore diffusé, notamment en France. Mes fans français me suivent dans le monde entier, je les connais par leur nom. Je suis moi-même accro à House of Cards : ok, Frank Underwood est là, mais c’est Robin Wright qui représente le pouvoir!

Jouer une femme de pouvoir était une des raisons de votre choix? Non je pensais seulement que ce serait un show formidable et j’avoue qu’à l’époque j’étais totalement ruinée, je n’avais plus de maison, je sortais d’un affreux mariage et j’avais besoin de travailler!

Vous n’arrêtez plus désormais! En effet, j’ai beaucoup de chance de tourner encore autant. Et je rentre tout juste de Singapour où je suis remontée sur scène après 35 ans! J’ai joué Florence dans The Vortex, de Noël Coward, c’est un rôle majeur. C’est amusant car nombre de femmes de mon âge et même plus jeunes se demandent pourquoi je travaille plus qu’elles: tout simplement parce que j’ai l’air normale! Je n’utilise pas de botox, je n’ai pas une bouche de canard. En tant qu’actrice, je veux être une page blanche afin de pouvoir créer des personnages et ces personnages ont besoin de pouvoir bouger leur visage! Je n’ai pas peur de vieillir. J’ai 65 ans d’émotions et je veux les montrer. Le meilleur lifting, c’est de sourire!

Avez-vous été confrontée au machisme ou au sexisme à Hollywood? Pas vraiment car j’ai la plupart du temps été la star des films que je jouais et j’étais plus payée que les hommes qui travaillaient avec moi! C’est une question d’offre et de demande: tout dépend de la personne qui va attirer le public, qui est bankable… J’ai un bon agent mais, de toute façon, l’argent n’est pas mon moteur principal.

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos projets au cinéma… Je viens de terminer un film américain qui s’appelle Mistrust. Je joue le rôle principal, celui d’une femme qui ne peut être qu’une maîtresse, elle est incapable d’un autre type de relation! J’ai aussi tourné Bereave, l’an passé, dans lequel je suis mariée avec Malcolm McDowell. Sa conduite devient irrationnelle et, au moment de notre 40e anniversaire de mariage, il disparaît. Tout se passe sur une journée, c’est concentré sur la famille, comment gérer le problème de la maladie, épargner à sa femme votre agonie… C’est très émouvant. Je suis aussi au générique de Fifty Shades of Black, une parodie de Fifty Shades of Grey.

Propos recueillis par Céline Fontana

http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/